CHAPITRE 2

Contrôle, analyses, régularisations et reclassement des comptes

 

La balance avant inventaire établie, le comptable contrôle :

• L'égalité des mouvements et des soldes de la balance.

• Et la stricte concordance entre le total des mouvements de la balance et le total des mouvements du journal général.

Une fois ces égalités fondamentales vérifiées, la balance est dite exacte ; il y a alors une forte présomption que le traitement des enregistrements comptables soit correct sur le plan arithmétique.

Toutefois, la balance ne permet pas de déceler toutes les erreurs ; il faut alors une vérification et un pointage des comptes dans le grand livre pour déceler les erreurs qui auraient pu être commises et procéder aux redressements nécessaires.

Section 1. Les travaux de contrôle, de justification et de régularisation des comptes

Une balance arithmétiquement exacte ne permet pas de déceler toutes les erreurs, mais elle est nécessaire pour le commencement des travaux de vérification et d'analyse des comptes.

Ces travaux sont souvent d'une ampleur considérable. Aussi, pour les mener à bien, convient-il d'être méthodique et bien organisé.

La qualité de la comptabilité n'étant en dernière analyse que le reflet du degré d'organisation de l'entreprise, de la culture et de la compétence de ses dirigeants, une bonne organisation comptable et de bonnes procédures administratives sont de nature à aider le comptable dans l'exécution de ses travaux et confèrent à ces derniers le maximum de sécurité et d'efficacité.

D'une manière générale, la justification des soldes sera relativement aisée pour les comptes de bilan (de situation) qui offrent un chemin de révision. En effet, les soldes de ces comptes à la date de l'arrêté des états doivent correspondre aux sommes portées sur les pièces justificatives.

Quant aux comptes de gestion (de flux), leur solde n'est pas toujours comparable à une pièce ; le comptable est alors amené à examiner les imputations des opérations qui ont été portées dans ces comptes et celles qui auraient dû s'y trouver.

Ces comptes se vérifient indirectement par la vérification des comptes de bilan par l'effet de la partie double et directement par la reconstitution globale des sommes qui doivent s'y trouver (loyers, intérêts des emprunts) et la comparaison avec les déclarations fiscales et sociales (salaires, honoraires, chiffre d'affaires).

Les travaux permettant l'élaboration des états financiers vont donc conduire le comptable à procéder à des investigations dans tous les comptes pour s'assurer de leur réalité.

Ils aboutissent à l'établissement des états justificatifs qui fournissent les informations financières détaillées destinées à appuyer et compléter les informations groupées dans les états financiers de synthèse.

Plusieurs démarches sont possibles pour entreprendre ces travaux ; la démarche la plus rationnelle semble celle qui consiste à procéder successivement par les deux étapes suivantes :

• Les opérations de rectification.

• Les opérations de justification et d'analyse comptables assorties des écritures de redressement des comptes, de régularisation (rattachement des charges et des produits de l'exercice) et de reclassement des comptes.

Les travaux de rectification sont normalement effectués préalablement aux travaux de justification des comptes et de régularisation mais l'ordre des travaux de justification et de régularisation n'est nullement successif.

Sous-section 1. Les opérations de rectification

Ces opérations permettent de corriger des anomalies matérielles dans la tenue de comptabilité. Elles sont entreprises avant tout travail de justification et de régularisation, parce qu'elles permettent de redresser des erreurs qui peuvent avoir des répercussions sur n'importe quel autre compte de l'entreprise.

§ 1. Le compte transitoire ou d'attente (compte 46)

Dans la mesure du possible, il faut affecter les sommes qui y figurent dans les comptes concernés.

Si malgré les recherches, des sommes persistent dans ce compte, il convient de veiller au respect de la règle de non compensation entre les dettes et les créances.

S'il y a de fortes présomptions que les sommes de débit soient un actif fictif, la convention de prudence amène à constituer une provision pour dépréciation d'égal montant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

6817

 

Dotations aux provisions pour dépréciation des actifs courante

xxx,xxx

 

 

 

 

 

 

 

 

4967

 

Provisions pour dépréciation des autres comptes débiteurs

 

xxx,xxx

 

 

 

 

 

 

 

§ 2. Les comptes de virements internes (Compte 58)

Ces comptes destinés à permettre la décentralisation des écritures et leur articulation entre les différents journaux auxiliaires, sans risque de double emploi, doivent être soldés.

Sous-section 2. Les travaux de vérification et d'analyse comptables - comptes de bilan

Les travaux de vérification et d'analyse comptables portent sur :

• Les comptes de trésorerie.

• Les comptes de bilan, classe par classe.

• Les comptes de charges et de produits.

§ 1. Les comptes de trésorerie

Il s'agit des comptes chèques à encaisser, banque et caisse.

(1) Banques (Compte 532) et C.C.P. (Compte 534)

Vérifier les comptes banques consiste à établir et s'assurer de la régularité de l'état de rapprochement.

Pour bien s'assurer de la régularité de l'état de rapprochement du mois de décembre, il faut établir l'état de rapprochement du mois de janvier de l'exercice suivant.

(2) Caisse (compte 54)

Le disponible en caisse se vérifie par un décompte physique de l'argent en caisse.

Si un arrêté physique n'a pas été effectué, la vérification du compte caisse ne peut jamais avoir un caractère fiable.

En situation normale, le solde du compte caisse ne doit être :

ni anormalement débiteur,

ni créditeur,

La méthode qui consiste à mettre la caisse à zéro par une remise intégrale des fonds en banque à la clôture de l'exercice reste la meilleure façon de justifier ce compte.

§ 2. Comptes de capitaux propres (classe I)

(1) Capitaux propres et réserves (comptes 10 et 11)

Hormis le compte de l'exploitant (compte 108) propre aux entreprises individuelles, ces comptes sont spécifiques aux personnes morales (sociétés).

Sauf exception autorisée par la réglementation, les mouvements de ces comptes doivent découler des décisions prises par l'assemblée générale des associés.

Il convient donc pour étudier les variations de ces postes de :

s'assurer que les décisions des associés sont bien traduites,

s'assurer que les variations sont conformes aux décisions,

• accorder une attention particulière aux réserves réglementées (Réserve légale, etc...).

(2) Provisions pour risques et charges (compte 15)

Ces provisions doivent être détaillées et leur objet précisé. Les mouvements de ce compte font partie des travaux d'inventaire.

Le comptable constate au fur et à mesure de l'avancement de ses travaux les provisions nécessaires, annule ou ajuste les provisions devenues sans objet ou dont le montant doit être révisé.

Provisions pour risques (compte 151) : Ce compte comptabilise les provisions pour litiges, les provisions pour garanties données aux clients, les provisions pour amendes et pénalités et les autres provisions pour risques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

6815

 

Dotations aux provisions pour risques et charges d'exploitation

xxx,xxx

 

 

 

 

 

 

 

 

151

 

Provisions pour risques

 

xxx,xxx

 

 

 

 

 

 

 

(3) Emprunts et dettes assimilées (compte 16)

Le compte 16 enregistre les emprunts non courants dont l'échéance est supérieure à une année dits à moyen et long termes.

Le fait générateur de l'enregistrement comptable d'un emprunt est son encaissement effectif.

Le comptable examine les contrats et les tableaux d'amortissement financier (tableau détaillant les échéances de remboursement et les intérêts à payer) délivrés par les organismes prêteurs. Il s'assure de leur exactitude et de leur concordance avec la comptabilité.

L'étude du compte «16 Emprunts et dettes assimilées» doit se faire en liaison avec le compte «505 Echéances à moins d'un an sur emprunts non courants».

A la clôture de l'exercice, il convient de dissocier du compte «16 Emprunts et dettes assimilées» la partie de l'emprunt dont l'échéance interviendra au cours de l'exercice suivant (remboursement à écheoir dans l'année qui suit).

 

 

 

 

31/12/N

 

 

 

 

 

 

 

 

 

16

 

Emprunts et dettes assimilées

xxx xxx xxx

 

 

 

 

 

 

 

 

505

 

Echéances à moins d'un an sur emprunts non courants

 

xxx xxx xxx

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Echéances devenues à moins d'un an à la date de clôture

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les intérêts doivent aussi être rattachés à l'exercice.

Les écritures de rattachement dépendent des modalités effectives de paiement des intérêts :

- Lorsque les intérêts sont payés à l'échéance, il convient de vérifier que tous les intérêts relatifs à l'exercice ont été pris en compte. Les intérêts courus non comptabilisés à la date de clôture sont comptabilisés comme suit :

 

 

 

31/12/N

 

 

 

 

 

 

 

 

 

65116

 

Intérêts des emprunts et dettes assimilées

xxx xxx

 

 

 

 

 

 

 

 

5085

 

Intérêts courus sur emprunts non courants

 

xxx xxx

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Intérêts à payer relatifs à l'exercice N

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- En revanche, lorsque les intérêts sont payés d'avance, la quote-part qui concerne l'exercice suivant est régularisée selon le schéma suivant :

 

 

 

31/12/N

 

 

 

 

 

 

 

 

 

471

 

Charges constatées d'avance

xxx xxx

 

 

 

 

 

 

 

 

65116

 

Intérêts des emprunts et dettes assimilées

 

xxx xxx

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Intérêts comptabilisés d'avance en N se rattachant à N+

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le comptable s'assure en même temps de l'exactitude du montant des intérêts sur emprunts portés au compte de charges en comparant ou en recalculant le montant des intérêts annuels dus sur l'emprunt et le montant des intérêts portés en charges de l'exercice.

Le comptable s'assure en même temps de l'exactitude du montant des intérêts sur emprunts portés au compte de charges en comparant ou en recalculant le montant des intérêts annuels dus sur l'emprunt et le montant des intérêts portés en charges de l'exercice.

§ 3. Comptes d'actifs non courants (classe II)

(1) Les immobilisations incorporelles

a) Logiciels (compte 213)

Le comptable s'assure que les conditions de prise en compte des logiciels sont réunies.

Les logiciels acquis se vérifient à partir des pièces justificatives.

En revanche, les logiciels développés par l'entreprise sont pris en compte par le crédit du compte «721 Production immobilisée - Immobilisations incorporelles».

b) Fonds commercial (compte 214) - Droit au bail (compte 216)

Seul un fonds commercial ou un droit au bail acquis peut être pris en compte à l'actif. L'entreprise ne peut constater en comptabilité un fonds commercial ou un droit au bail créé par ses activités.

c) Valeur d'inventaire

Comparaison de la valeur nette comptable de chaque immobilisation incorporelle avec sa valeur récupérable à la date de l'inventaire : Le comptable s'assure que la valeur comptable nette de chaque immobilisation incorporelle n'est pas devenue inférieure à sa valeur recouvrable.

La valeur recouvrable d'une immobilisation incorporelle est le montant que l'entreprise compte tirer de l'usage futur de cette immobilisation y compris son prix de cession.

La valeur résiduelle d'une immobilisation incorporelle est supposée nulle sauf démonstration contraire.

La valeur recouvrable pour une immobilisation incorporelle correspond à la valeur actualisée des cash-flow (surplus de recettes) attendus.

Exemple 1 : Soit une immobilisation incorporelle acquise le 01/01/N pour un prix de 270.000 D amortissable sur 6 ans au linéaire.

Au 31/12/N+2, on estime que les flux futurs de trésorerie annuels s'élèvent à 60.000 D pour le nombre d'années d'utilisation restant. La valeur de cession résiduelle est nulle. Le taux d'actualisation approprié est de 10%.

Détermination de la valeur nette comptable au 31/12/N+2

Année

Dotation aux amortissements

Amortissement  cumulé

Valeur comptable nette

N

45.000

45.000

225.000

N+1

   45.000

90.000

180.000

N+2

45.000

135.000

135.000

 

 

N+3

 

N+4

 

N+5

Valeur recouvrable =

60.000

+

60.000

+

60.000

1,1

(1,1)2

(1,1)3

 

soit 60.000 x

1 - (1,1)-3

= 60.000 x 2,487 = 149.220 dinars

0,1

 

Conclusion : La valeur comptable nette soit 135.000 D étant inférieure à la valeur recouvrable soit 149.220 D, aucun traitement n'est requis.

Si la valeur recouvrable était inférieure à la valeur comptable nette, il aurait été nécessaire de procéder à une dépréciation de valeur.

Exemple 2 : Reprenons l'exemple 1 et supposons que les cash-flow futurs annuels soient de 40.000 D.

La valeur recouvrable s'élève à : 40.000 D x 2,487 = 99.480 D.

Une dépréciation estimée à 35.520 D doit être comptabilisée.

 

 

 

 

31/12/N+2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

6816

 

Dotations aux provisions pour dépréciation des immobilisations incorporelles

 

 

35 520 000

 

 

 

 

 

 

 

 

 

637

 

- ou bien :  Réduction de valeur

 

 

 

 

 

291

 

Provisions pour dépréciation des immobilisations

 

35 520 000

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Réduction de valeur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(2) Les immobilisations corporelles

a) Comptes d'immobilisations corporelles

Le contrôle des postes d'immobilisations se fera, essentiellement, par la vérification des nouvelles acquisitions, des dépenses postérieures capitalisées et des cessions.

b) Circonstances particulières justifiant la comparaison de la valeur nette comptable des immobilisations corporelles avec leur valeur récupérable à la date de l'inventaire

Postérieurement à sa constatation initiale à l'actif, une immobilisation corporelle doit être comptabilisée à son coût diminué de l'amortissement, à moins que des circonstances ou événements particuliers donnent à penser que la valeur comptable nette ne pourra pas être récupérée par les résultats futurs provenant de son utilisation ou par son prix net de cession, auquel cas il y a lieu de ramener la valeur de l'actif à sa valeur recouvrable.

Lorsque la réduction de valeur est comptabilisée, la nouvelle valeur comptable nette du bien révisé à l'actif moins sa valeur résiduelle (s'il y a lieu), constitue la nouvelle base d'amortissement. L'amortissement se calcule par conséquent sur la base de cette nouvelle valeur après déduction de la valeur résiduelle pour la durée restant à courir.

c) Problèmes particuliers aux immobilisations

1. Production immobilisée :

Les immobilisations produites par l'entreprise pour elle même sont comptabilisées à leur coût de production :

+ Matières premières

+ Coût de main-d'œuvre directe

+ Autres coûts directs

+ Juste part des coûts indirects incorporables.

Contrairement à la production d'immobilisations incorporelles, la production d'immobilisations corporelles par l'entreprise constitue une livraison à soi-même soumise à la TVA pour les assujettis. Cette taxe est exigible et est déductible à la date de première utilisation du bien.

Exemple : Construction d'une machine pour les besoins de l'entreprise pour un coût de production de 75.000 D utilisée à partir du 01/11/N (TVA 18%).

 

 

 

 

01/11/N

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2234

 

Matériel industriel

75 000 000

 

 

 

 

 

 

 

43662

 

TVA déductible sur immobilisations

13 500 000

 

 

 

 

 

 

 

722

 

Production immobilisée - immobilisations corporelles

 

75 000 000

 

 

 

 

 

 

 

 

4367

 

TVA collectée

 

13 500 000

 

 

 

 

 

 

 

 

Livraison à soi-même d'une machine mise en service le 01/11/N

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2. Terrains et constructions :

Il arrive que l'on constate dans certaines balances l'existence du poste constructions alors qu'aucun terrain ne figure à l'actif.

Une telle situation conduit à amortir à tort les terrains sauf dans le cas de constructions sur sol d'autrui, ce qu'il faut toujours vérifier.

Il est donc nécessaire de retirer du compte constructions le prix d'acquisition des terrains.

3. Distinction entre charges et immobilisations :

La distinction entre les dépenses à constater en charges et celles qui doivent être immobilisées peut poser en pratique certaines difficultés.

Un élément des immobilisations corporelles doit être inscrit à l'actif lorsque :

a. il est probable que les avantages futurs associés à cette immobilisation bénéficieront à l'entreprise ;

b. le coût de cette immobilisation pour l'entreprise peut être mesuré de façon fiable.

(3) Immobilisations en cours (compte 23)

Le comptable s'assure, notamment, que ce compte a reçu l'inscription des acomptes sur immobilisations et que ces acomptes n'ont pas été enregistrés en fournisseurs (débits). Il s'assure en outre que les immobilisations facturées à la date d'arrêté du bilan n'y figurent pas et sont bien transférées dans leur compte de destination finale.

Les acomptes sur immobilisations et les travaux immobilisés en cours doivent être comptabilisés hors TVA récupérable.

(4) Les immobilisations financières

a) Participations et créances liées à des participations (compte 25) et autres immobilisations financières (compte 26)

Le comptable s'assure de la validité de la qualification des titres. Il est rappelé que les actions souscrites sont enregistrées pour leur valeur nominale et non pour la partie libérée uniquement, le montant restant à libérer étant porté au crédit du compte «259 Versements restant à effectuer sur titres de participation non libérés».

Le contrôle des titres de participation doit se faire en parallèle avec les titres de placement immobilisés ainsi que les titres classés en placements courants (compte 52).

Sont considérés comme titres de participation les titres :

1. dont la possession est durable,

2. permettant d'exercer sur la société émettrice :

            - un contrôle exclusif, ou

            - une influence notable, ou

            - un contrôle conjoint, ou

            - pour protéger ou promouvoir des relations commerciales.

L'influence, pour être significative, doit résulter d'une participation effective à la gestion et à la fixation de la politique financière de la société dépendante.

Les titres sont classés en autres immobilisations financières lorsque l'intention des dirigeants est de les détenir à long terme sans pouvoir satisfaire à la condition de contrôle et d'influence notable sur la société émettrice.

L'examen des participations et des placements à long terme doit se faire en même temps que l'examen des provisions pour dépréciation des titres (collecte des éléments nécessaires au calcul des provisions éventuelles).

A la date de clôture, il est procédé à l'évaluation des placements à long terme à leur valeur d'usage. Les moins-values par rapport au coût historique donnent lieu à une dépréciation. Les plus-values par rapport au coût historique ne sont pas constatées.

b) La valeur d'usage d'un placement est le prix qu'une personne prudente et avisée, informée de la situation de l'entreprise, accepterait de payer dans une transaction équilibrée si elle avait à l'acquérir.

La valeur des placements à long terme est déterminée séparément pour chaque catégorie de titres de même nature. Une moins-value dégagée sur une catégorie ne peut pas être compensée par une plus-value dégagée sur une autre catégorie.

Lorsqu'une provision pour dépréciation d'un placement à long terme (titres de participation + autres immobilisations financières) est nécessaire, elle est comptabilisée selon le schéma suivant :

 

 

 

31/12/N

 

 

 

 

 

 

 

 

 

68662

 

Dotations aux provisions pour dépréciation - Immobilisations financières

xxx xxx xxx

 

 

 

 

 

 

 

 

295

 

Provisions pour dépréciation des participations et des créances liées à des participations

 

xxx xxx xxx

 

 

 

 

 

 

 

 

297

Provisions pour dépréciation des autres immobilisations financières

 

xxx xxx xxx

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Intérêts comptabilisés d'avance en N se rattachant à N+

 

 

 

 

 

 

 

 

 

§ 4. Comptes de tiers (classe IV)

(1) Fournisseurs et comptes rattachés (compte 40) et clients et comptes rattachés (compte 41)

Un lettrage systématique de tous les comptes individuels permet :

de préciser la composition du solde,

d'éviter les compensations entre soldes débiteurs et soldes créditeurs. Une fois la composition des soldes déterminée, le comptable doit les analyser pour s'assurer de leur vraisemblance.

Il y a lieu de s'assurer de la concordance entre les entrées et sorties de marchandises et de la comptabilisation des factures en fin d'année.

 

(2) Régularisation portant sur les opérations avec les fournisseurs

- Lorsque l'entreprise n'a pas encore reçu de facture au titre du bien reçu ou de la prestation obtenue, il convient de la constater selon le schéma suivant (technique de rattachement) :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

60 à 63

 

Achats et autres comptes de charges

xxx xxx xxx

 

 

 

 

 

 

43666

 

TVA déductible sur ABS

xxx xxx xxx

 

 

 

 

 

 

 

 

4081

 

Fournisseurs d'exploitation, factures non parvenues

 

xxx xxx xxx

 

 

 

 

 

 

 

- Lorsqu'une dette constatée en comptabilité concerne un bien non reçu ou une prestation non fournie, elle donne lieu à l'écriture de régularisation suivante (technique de régularisation) :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

471

 

Charges constatées d'avance

xxx xxx xxx

 

 

 

 

 

 

 

 

60 à 63

 

Achats et autres comptes de charges

 

xxx xxx xxx

 

 

 

 

 

 

 

- Lorsqu'une ristourne due à l'entreprise n'a pas encore fait l'objet d'un avoir comptabilisé à la date de clôture, il convient de constater cette réduction comme suit (technique de rattachement) :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

4098

 

RRR à obtenir

xxx xxx xxx

 

 

 

 

 

 

 

 

609

 

RRR obtenus sur achats

 

xxx xxx xxx

 

 

 

 

 

 

 

43666

 

TVA déductible sur ABS

 

xxx xxx xxx

 

 

 

 

 

 

 

 

(3) Régularisation portant sur les opérations avec les clients

- Lorsqu'un bien livré ou une prestation effectuée n'a pas encore fait l'objet d'une facture, elle est prise en compte par le biais du compte de rattachement «418 Clients - Produits non encore facturés».

Exemple : Une livraison de marchandises effectuée le 31/12/N de 10.000 D H.TVA 18% n'a été facturée que le 5 janvier N+1.

 

 

 

31/12/N

 

 

 

 

 

 

 

 

 

4181

 

Clients - Factures à établir

11 800 000

 

 

 

 

 

 

 

 

707

 

Ventes de marchandises

 

10 000 000

 

 

 

 

 

 

 

4371

 

TVA collectée

 

1 800 000

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Livraison du 31/12/N facturée le 5/1/N+1.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Lorsqu'une créance constatée en comptabilité concerne un bien non encore livré ou une prestation non fournie, le produit comptabilisé d'avance est éliminé par le biais du compte de régularisation «472 produits constatés d'avance».

Exemple : Supposons qu'une facture soit établie et comptabilisée pour un montant hors TVA de 5.000 D le 31/12/N alors que la marchandise n'est pas encore livrée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

707

 

Ventes de marchandises

5 000 000

 

 

 

 

 

 

 

 

472

 

Produits constatés d'avance

 

5 000 000

 

 

 

 

 

 

 

 

Facture établie le 31/12/N correspondant à des marchandises livrées en janvier N+1.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le comptable veille, pour ce type de chevauchement (livraison/facturation), à l'harmonie de la prise en compte en produits des ventes, avec le traitement de ces opérations au niveau des stocks finals.

Une marchandise livrée et non facturée sera prise en compte en produits mais ne peut pas être incluse dans les stocks.

Alors qu'une facture sans livraison doit être exclue des ventes alors que la marchandise non livrée sera prise en compte en stocks. Ce contrôle de concordance Produits - Stocks s'appelle le cut off.

- Lorsqu'une ristourne, à accorder à un client, n'a pas encore fait l'objet d'un avoir comptabilisé à la date de clôture, elle est prise en compte par le biais du compte de rattachement «4198 Clients, RRR à accorder et autres avoirs à établir».

Exemple : La société ABC a convenu contractuellement avec son client XYZ d'une ristourne annuelle de 2% sur le volume des ventes qui a atteint en N un montant H.TVA 18% de 500.000 D.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

709

 

RRR accordés par l'entreprise

10 000 000

 

 

 

 

 

 

 

4371

 

TVA collectée

1 800 000

 

 

 

 

 

 

 

 

4198

 

Clients - RRR à accorder

 

11 800 000

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ristourne due à X au titre de l'exercice

 

 

 

 

500.000 D x 2% =

10.000 D

 

 

 

 

TVA sur avoir 18%

1.800 D

 

 

 

 

Avoir TTC

11.800 D

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(4) Evaluation des dettes et créances en devises étrangères

Les dettes et créances courantes exprimées en devises étrangères sont converties à la date de clôture au cours de change en vigueur, toute différence de change est comptabilisée en gain ou en pertes de change.

Hypothèse : Perte de change sur une dette fournisseur : dette comptabilisée le 10/10/N : 10.000 dollars US, cours 1,2 D - cours de clôture 1 dollar US = 1,3 DTU.

 

 

 

 

31/12/N

 

 

 

 

 

 

 

 

 

655

 

Pertes de change

1 000 000

 

 

 

 

 

 

 

 

401

 

Fournisseurs d'exploitation

 

1 000 000

 

 

 

 

 

 

 

 

(10.000 x 1,3) - (10.000 x 1,2) = 1.000

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hypothèse : Gain de change sur une dette fournisseur : Achat le 15/10/N : 100.000 Euro - cours : 1,3 DTU - cours de clôture : 1 Euro = 1,290 DTU.

 

 

 

 

31/12/N

 

 

 

 

 

 

 

 

 

401

 

Fournisseurs d'exploitation   

1 000 000

 

 

 

 

 

 

 

 

756

 

Gains de change

 

1 000 000

 

 

 

 

 

 

 

 

(100.000 x 1,3) - (100.000 x 1,29) = 1.000

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La conversion des dettes et créances courantes au cours de change de clôture n'a aucune incidence sur le coût historique de l'élément acquis ou cédé en devises étrangères.

(5) Personnel : Personnel et comptes rattachés (compte 42)

Les acomptes au personnel doivent être, en principe, soldés puisqu'ils sont normalement retenus sur la paie du mois au cours duquel ils sont versés.

Pour le solde des prêts, le comptable s'assure que les bénéficiaires font toujours partie du personnel de l'entreprise et que les montants ne datent pas des exercices précédents.

Le solde du compte «425 Personnel - rémunérations dues» ne doit comprendre, en principe, que les salaires à payer du dernier mois de l'exercice. Mais, il peut comprendre des salaires non réclamés.

Les frais de personnel non encore enregistrés en charges de l'exercice qui doivent être rattachés à la période sont constatés dans les dettes au personnel, compte «425 Personnel - Rémunérations dues» lorsque leur montant est calculé et liquidé avec exactitude.

Quant aux charges pour congés à payer et les primes dont le montant n'est pas liquidé avec exactitude, ils sont pris en compte par le biais du compte de rattachement «428 Personnel - charges à payer et produits à recevoir».

Exemple : Soit une société industrielle qui clôture au 31/12/N.

Le calcul des congés restant dus au personnel au 31/12/N fait ressortir un montant brut de 25.200 Dinars pour les salaires et 15.600 D pour les appointements (taux d'accident de travail : 2%).

Ces congés à payer sont pris en compte par les écritures suivantes :

 

 

 

 

31/12/N

 

 

 

 

 

 

 

 

 

64600

 

Congés payés - salaires

25 200 000

 

64620

 

Congés payés - appointements

15 600 000

 

6470

 

Cotisations de sécurité sociale sur salaires

4 536 000

 

6472

 

Cotisations de sécurité sociale sur appointements        

2 808 000

 

6611

 

TFP

408 000

 

6612

 

Foprolos

408 000

 

 

 

 

 

 

 

 

4282

 

Dettes provisionnées pour congés à payer

 

40 800 000

 

4382

 

Charges fiscales sur congés à payer           

 

816 000

 

45382

 

Charges sociales sur congés à payer

 

7 344 000

 

 

Congés payés dus à la date de clôture :

 

 

 

 

Congés salaires

25.200

 

 

 

 

Congés appointements

15.600

 

 

 

 

Brut total

40.800

 

 

 

 

CNSS, cotisation patronale 18%

7.344

 

 

 

 

TFP

408

 

 

 

 

Foprolos

408

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(6) Etat et collectivités publiques (compte 43)

Le solde de chaque compte d'«Etat, impôts et taxes» doit correspondre à la dernière déclaration fiscale de l'exercice réglée en début d’exercice suivant.

Si des taxes dues n'ont pas été payées dans les délais impartis, il convient de rattacher les pénalités encourues à l'exercice.

Exemple : Au 31/12/N la société ABC n'a pas payé les impôts dus au titre du mois de mai N qui devaient être payés le 28 juin N soit un montant dû en principal de 20.000 D. Les pénalités de retard s'élèvent à 1.750 D.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

6518

 

Intérêts des autres dettes (y compris les pénalités et intérêts de retard sur emprunts et cotisations sociales et fiscales)

1 750 000

 

 

 

 

 

 

 

 

438

 

Etat, autres charges à payer

 

1 750 000

 

 

 

 

 

 

 

 

Intérêts ou pénalités de retard

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(7) Débiteurs divers et créditeurs divers (compte 45)

a) Créances sur cessions d'immobilisations (compte 452)

Les créances provenant de la cession d'un élément immobilisé sont portées dans ce compte et non dans le compte clients et comptes rattachés.

b) Sécurité sociale et autres organismes sociaux (compte 453)

Organismes sociaux (compte 4531) : Le solde doit correspondre aux dernières déclarations de l'exercice et aux règlements du début de l'exercice suivant. Le contrôle de ces comptes doit se faire en parallèle avec le compte frais de personnel (charges sociales).

Organismes sociaux - charges à payer et produits à recevoir (compte 4538) : Sont notamment rattachées à ce compte, les charges sociales relatives aux congés à payer.

§ 5. Comptes financiers (classe V)

(1) Echéances à moins d'un an sur emprunts non courants (compte 505) et échéances à moins d'un an sur prêts non courants (compte 516)

La justification des comptes emprunts et prêts à moins d'un an procède d'une démarche semblable. Elle est effectuée en même temps que le compte emprunts non courants et prêts non courants.

(2) Régies d'avances et accréditifs (compte 55)

Les régies d'avance doivent faire l'objet d'un inventaire et d'une reddition de compte à la date de clôture.

La méthode de la mise à Zéro des caisses gérées par les régisseurs permet d'assurer la meilleure fiabilité pour ces comptes.

Les accréditifs doivent être détaillés et justifiés par des pièces comptables.

Les accréditifs anciens et non dénoués doivent donner lieu à une réclamation immédiate. Dans certains cas, une provision pour dépréciation peut s'avérer justifiée.

Sous-section 3. Les travaux de vérification et d'analyse comptables - comptes de gestion

Le contrôle et la justification des comptes de bilan laisse présumer que les comptes de gestion qui en constituent la contrepartie sont corrects. Toutefois, le contrôle de ces comptes reste nécessaire car :

• Certaines erreurs d'imputation peuvent avoir été commises sans que les premiers contrôles n'aient pu les déceler.

• Certaines écritures les alimentant peuvent avoir été passées à tort (exemple : double comptabilisation d'une facture réglée).

• Certains oublis peuvent échapper au comptable lors du contrôle des comptes de bilan.

Le contrôle des comptes de charges est effectué en même temps que les travaux dits d'inventaire.

§ 1. Comptes de charges (classe VI)

Le contrôle des comptes de charges s'étend à l'examen des opérations de l'exercice suivant pour s'assurer de la bonne séparation des exercices.

(1) Achats (compte 60) ou achats consommés (compte 603)

Le contrôle des achats est effectué en parallèle avec le contrôle de la vraisemblance des stocks et de la marge sur coût matière ou de la marge brute commerciale.

La comparaison de la marge brute ou de la marge sur coût matière permet d'apprécier si la consommation de l'exercice est vraisemblable par référence aux normes de l'entreprise au cours des exercices précédents, aux normes du secteur et à l'évolution des coûts d'achat et des prix de vente pratiqués.

(2) Prise en compte des stocks finals et annulation des stocks initiaux dans la méthode de l'inventaire intermittent

A la clôture de l'exercice, le comptable enregistre les stocks finals et annule les stocks initiaux.

 

 

 

 

31/12/N

 

 

 

 

 

 

 

 

 

31

 

Stocks de matières premières et fournitures liées

xxx xxx xxx

 

32

 

Stocks des autres approvisionnements

xxx xxx xxx

 

37

 

Stocks de marchandises

xxx xxx xxx

 

 

 

 

 

 

 

 

6031

 

Variation des stocks de matières et fournitures liées

 

xxx xxx xxx

 

6032

 

Variation des stocks des autres approvisionnements

 

xxx xxx xxx

 

6037

 

Variation des stocks de marchandises

 

xxx xxx xxx

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Constatation des stocks finals au 31/12/N

 

 

 

 

 

31/12/N

 

 

 

 

 

 

 

 

 

6031

 

Variation des stocks de matières et fournitures liées

xxx xxx xxx

 

6032

 

Variation des stocks des autres approvisionnements

xxx xxx xxx

 

6037

 

Variation des stocks de marchandises

xxx xxx xxx

 

 

 

 

 

 

 

 

 

31

 

Stocks de matières premières et fournitures liées

 

xxx xxx xxx

 

32

 

Stocks des autres approvisionnements

 

xxx xxx xxx

 

37

 

Stocks de marchandises

 

xxx xxx xxx