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UNIVERSITE DE LA MANOUBA
Institut Supérieur de Comptabilité et d’Administration des Entreprises
Commission d’Expertise Comptable
Mémoire en vue de l'obtention du diplôme d'expertise comptable
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Partie II : L’audit informatique dans le processus de l’audit financier Introduction Partie IIAprès avoir exposé les principaux impacts des nouvelles technologies de l’information et de la communication sur l’entreprise et sur l’audit financier, il apparaît clairement que l’audit informatique est devenu un élément nécessaire dans une mission d’audit financier. L’audit informatique, dans son sens large, peut traiter plusieurs aspects couvrant aussi bien la fonction que les applications informatiques. Toutefois, il est utile de préciser que, dans le cadre d’une mission d’audit financier, c’est la recherche de la fiabilité qui est privilégiée. Les autres aspects d’efficacité et d’efficience, couverts généralement par l’audit opérationnel, ne sont pas exigés par l’audit financier. C’est ainsi que cette deuxième partie traite uniquement des aspects de l’audit informatique dans le cadre d’une mission d’audit financier. Pour cela, nous examinons, dans un premier chapitre, la détermination du besoin de recours à l’audit informatique et à l’étude des rôles qui lui sont dévolus. Ensuite, nous présentons, dans un deuxième chapitre, une démarche d’audit informatique qui pourrait être suivie dans le processus de l’audit financier. Cette démarche peut être aussi utilisée dans une mission spéciale d’audit informatique avec, généralement, un champ d’action plus élargi. Enfin, nous traitons, dans un dernier chapitre, les principales évolutions prévisibles des pratiques en la matière en Tunisie.
Chapitre 1 : Le Besoin De Recours A l’Audit Informatique Et Ses Rôles Dans Une Mission D’Audit FinancierIntroduction :C’est lors de la planification de la mission d’audit financier que le besoin de recours à l’audit informatique est ressenti. Cette phase délicate de la mission est généralement conduite par le signataire du rapport ou par l’un de ses collaborateurs les plus expérimentés sous sa supervision et son entière responsabilité. Nous rappelons dans ce chapitre la démarche à suivre pour la planification d’une mission d’audit financier et nous déterminons les cas où il y a lieu de faire recours à l’audit informatique. En outre, nous précisons, dans une deuxième section, les rôles dévolus à l’audit informatique dans une mission d’audit financier. Section 1 : La planification d’une mission d’audit financier et la détermination du besoin de recours à l’audit informatiqueLa planification d’une mission d’audit financier se compose des étapes suivantes :
Sous section 1 : L’évaluation de l’environnement de contrôleL’environnement de contrôle est l’ensemble des conditions dans lesquelles fonctionnent les systèmes de contrôle. Il reflète la philosophie de la direction, son attitude et son engagement démontré à établir une atmosphère positive pour la mise en œuvre et l’exécution d’opérations bien contrôlées. Aussi, il influence profondément le fonctionnement des systèmes de contrôle contribuant ou non à leur fiabilité. Si l’auditeur ne peut pas mesurer avec précision les aspects de l’environnement de contrôle, il est cependant possible de déceler des facteurs plus ou moins favorables à l’exercice du contrôle interne. Il s’agit, alors, d’évaluer de manière globale si l’environnement de contrôle contribue à l’efficacité des contrôles, et donc au traitement correct des informations comptables et à la prévention ou à la détection des erreurs et irrégularités. L’inexistence ou la faiblesse de l’un de ces aspects ne signifie pas nécessairement que l’attitude globale vis-à-vis des contrôles est négative. Toutefois, un bon environnement de contrôle a pour conséquences : · une approche utilisant les contrôles clefs ayant de fortes chances d’être efficaces · l’application d’un plan d’audit comportant une rotation plus grande des secteurs contrôlés · un niveau probable de conformité (application effective des contrôles) élevé, permettant de réduire la quantité de preuves nécessaires à la formation de la conviction sur l’efficacité des contrôles généraux et des contrôles directs. Les aspects à évaluer sont : · les incidences de l’organisation, des rôles et des responsabilités sur l’environnement de contrôle et ce, en évaluant : 1. le rôle du Conseil d'Administration : l’auditeur doit s’assurer, s’il compte leur accorder un niveau de confiance, que la composition, les responsabilités et le comportement des membres du Conseil d'Administration ainsi que les informations dont ils disposent sont de nature à générer une ligne de conduite appropriée, conduisent à une réelle prise de décisions et à un contrôle effectif des opérations, et encouragent la direction à agir dans l'intérêt des actionnaires. 2. l'efficacité de l'organisation et de l'encadrement : l’auditeur doit s’assurer, s’il compte leur accorder un niveau de confiance, que la structure de la société, les responsabilités et l'attitude de la Direction sont de nature à permettre la maîtrise et le contrôle de l'activité. Il doit aussi s’assurer que les directeurs et les cadres dirigeants, en particulier ceux qui exercent une responsabilité financière directe, ont les compétences requises et l'expérience nécessaire pour mettre en œuvre les décisions du Conseil et faire face aux changements de l'environnement. 3. la politique et les procédures en matière de ressources humaines : l’auditeur doit évaluer et, si un niveau de confiance est accordé à ces aspects, tester si la politique et les procédures en place assurent le recrutement d'un nombre suffisant de personnes qualifiées (y compris le personnel informatique), leur épanouissement et leur fidélité, afin de favoriser l'exécution de la stratégie de l'entreprise et de prévenir les défaillances de contrôle interne ou les pertes financières. · les incidences de l’évaluation des risques par l’entreprise sur l’environnement de contrôle et ce, en évaluant : 1. le processus de gestion des risques par la direction : l’auditeur doit évaluer et, si un niveau de confiance est accordé à ces aspects, tester : - si la direction établit des objectifs clairs et met en place des procédures permettant d'identifier les risques qui compromettent la réalisation de ces objectifs et, - si les procédures mises en place reposent sur une information fiable, sont appliquées par des personnes compétentes, et toute action nécessaire est menée dans les temps. Désormais, les risques informatiques font partie de l’ensemble de ces risques. 2. le respect des lois et de la réglementation : l’auditeur doit évaluer, et si un niveau de confiance est accordé à ces aspects, tester si la direction a une connaissance adéquate des lois et de la réglementation applicable à son activité, si elle mesure le risque de leur éventuel non-respect et si elle agit pour prévenir les infractions. · les incidences du processus de pilotage sur l’environnement de contrôle et ce, en évaluant : 1. la fiabilité du reporting financier : l’auditeur doit évaluer, et si un niveau de confiance est accordé à ces aspects, tester si des procédures de reporting financier sont en place pour produire les informations destinées à être revues par la direction et que cette revue permet de détecter d'éventuelles défaillances dans le contrôle interne ou des erreurs significatives et débouche sur des actions appropriées, si besoin est. 2. la qualité des prévisions de la direction et du contrôle budgétaire : Ceci englobe, à titre indicatif, les procédures de préparation des prévisions et des budgets, leur qualité, la pertinence et la fiabilité de l'information financière produite. 3. le rôle de l'audit interne : l’auditeur doit évaluer, et si un niveau de confiance est accordé à ces aspects, tester si l'audit interne est un rouage essentiel de l'environnement de contrôle, par sa contribution à l'évaluation des risques de l'activité (y compris les risques informatiques), et en sa qualité de garant du fonctionnement continu des règles de contrôle interne destinées à atteindre les objectifs de l'entreprise. 4. le rôle du comité d'audit : l’auditeur doit évaluer, et si un niveau de confiance est accordé à ces aspects, tester : - si la composition, les responsabilités et le comportement du comité d'audit, ainsi que l'information dont il dispose, débouchent sur un pilotage et une revue effectifs de la comptabilité, du contrôle interne et des procédures de reporting financier et, - si le comité contribue à la définition d'une ligne de conduite appropriée et au maintien d'un réseau de communication constructif avec les auditeurs internes et externes. 5. la fiabilité des estimations de la direction : l’auditeur doit évaluer, et si un niveau de confiance est accordé à ces aspects, tester si la direction, pour l'établissement d'estimations, utilise une méthodologie fondée sur des données actualisées et fiables, supervise la production des estimations, et s'appuie sur les personnes qui disposent des compétences nécessaires à l'établissement d'estimations raisonnables. Sous section 2 : La compréhension de l’activité de l’entreprise et de son secteurUne connaissance approfondie de l’activité de l’entreprise est indispensable pour que la planification de l’audit soit efficace. L’objectif n’est pas de devenir des experts dans le domaine de l’entreprise auditée mais de connaître suffisamment l’entreprise pour pouvoir déterminer les orientations stratégiques de la planification. Les étapes à suivre peuvent se résumer comme suit : · Prendre en considération les spécificités du secteur et ce, notamment, en consultant des spécialistes du secteur d'activité et d’autres sources d'information concernant ledit secteur. · Comprendre ou mettre à jour la compréhension de l’entreprise et de son secteur d'activité, de façon à pouvoir appréhender les événements, les transactions et les pratiques qui peuvent avoir un impact significatif sur les états financiers ou sur le rapport d'audit. L’attention de l’auditeur devrait être focalisée davantage, si l’entreprise : - utilise l’Internet ou une autre technologie pour la conduite de son affaire. Exemples : l’entreprise achète ou vend des produits ou des services par Internet, l’entreprise procède à des actions de publicité sur son site Web, etc. - opère dans une industrie où les opérations sont significativement traitées par Internet (Les agents immobiliers, les agences de voyage et les tours opérateurs, etc.). · Si l’entreprise auditée externalise certaines fonctions, focaliser l’attention sur le caractère significatif de cette externalisation et sa pertinence pour l’audit et ce, en examinant dans quelle mesure cette externalisation des services affecte la comptabilité de l’entreprise et son système de contrôle interne et en y tenant compte dans la planification de l’audit et l’élaboration du programme de travail. · Comprendre les politiques comptables les plus significatives utilisées et considérer si elles sont appropriées pour l’entreprise auditée et en relation avec les risques que court l’entreprise et la substance économique des transactions. · Effectuer une revue analytique préliminaire : Il s’agit d’analyser l'information financière ou non financière récente. Les procédures analytiques préliminaires sont nécessaires afin de : - comprendre les conditions actuelles de l'activité (cash flow, résultat d'exploitation, situation financière,…), - évaluer les risques de continuité d'exploitation, - identifier les principales activités et les comptes concernés, la nature et le volume des transactions, les soldes comptables et les éléments inhabituels ou inattendus pouvant traduire un risque de fraude ou d'erreur - permettre une évaluation préliminaire du seuil de signification. Sur la base de la compréhension de l’entreprise, de son activité, de son secteur, de ses risques et des contrôles liés, ainsi que des résultats des procédures analytiques préliminaires, l’auditeur doit identifier et documenter les risques inhérents spécifiques à chaque section d'audit significative, et en tenir compte pour l'élaboration des programmes de travail. Sous section 3 : La collecte d’informations sur les systèmes et l’environnement informatiqueLa compréhension des systèmes de l’entreprise et son environnement informatique est nécessaire pour une planification efficace et efficiente. Les informations collectées seront utilisées dans un objectif de détermination du degré d’appui à placer sur le contrôle interne de l’entreprise auditée et par suite de la stratégie d’audit à adopter. Au cours de la phase de planification, la nécessité de faire appel à des experts en révision informatique doit être considérée en cas de système complexe. L’équipe intervenante sera dans ce cas mixte. Cette phase de la planification doit apporter à toute l'équipe d’audit une identification et une compréhension suffisante :
Elle doit permettre à l’auditeur de dégager les facteurs de risques pouvant avoir un impact sur la stratégie d'audit. Nous citons :
Sous section 4 : L’évaluation préliminaire des contrôles de directionLes contrôles de direction (ou aussi les contrôles de pilotage) peuvent être définis comme étant les moyens que la direction utilise pour piloter l’affaire et en contrôler les risques, soit de façon continue tout au long de l’année, soit de façon ponctuelle. Ils peuvent être réalisés par la direction elle-même ou par la fonction d’audit interne. Les contrôles de direction sont de nature à déceler des erreurs potentielles et/ou des fraudes qui résulteraient des défaillances des systèmes de contrôle interne (y compris les contrôles généraux informatiques) ou des systèmes comptables. Ils peuvent procurer une certaine confiance sur les contrôles informatiques généraux ou sur les contrôles d’application. A titre d’exemple : · La revue d’un rapport de revenu avec une connaissance globale du volume livrée · L’examen des dépenses d’investissement sur la base d’un rapport trimestriel analysant ces dépenses par département et les comparant par rapport aux budgets Les contrôles de direction s’apprécient au niveau d’un cycle contrairement à l’environnement de contrôle qui s’apprécie au niveau de l’entreprise dans son ensemble. Ils sont détectifs plutôt que préventifs et s’apparentent à des contrôles de vraisemblance, de cohérence, à des revues par exception, à des procédures analytiques, etc. Les objectifs des contrôles de la direction sont variés et ne visent pas nécessairement des objectifs financiers. En particulier, ils ne visent pas directement et spécifiquement les objectifs de contrôle, mais fournissent une assurance indirecte sur la réalisation de ces objectifs. L’évaluation préliminaire des contrôles de direction, au niveau de chaque cycle, est effectuée afin de déterminer le niveau de confiance accordé aux contrôles. A ce stade, ces contrôles sont documentés sans pour autant être testés. Etant donné que les contrôles de direction sont moins détaillés que les contrôles d’application, ils ne peuvent fournir un niveau de confiance aussi élevé. En fait, ils permettent d’identifier qu’il y a un problème mais pas de déterminer quel objectif particulier n’est pas atteint. En outre, il y a lieu de préciser que le niveau de confiance que l’on peut obtenir des contrôles de direction est très variable. Il dépend notamment de la compétence de la personne chargée d’effectuer le contrôle, de la rapidité avec laquelle il est effectué, de la fiabilité de l’information utilisée, de la probabilité que ce contrôle permette effectivement de déceler des défaillances, etc. Par ailleurs, et au cas où l’entreprise auditée externalise certaines fonctions, l’auditeur devrait considérer les contrôles de direction relatifs à la fonction du prestataire de services, que ces contrôles de pilotage soient effectués par l’entreprise auditée ou par son prestataire de services. Sous section 5 : La définition de la stratégie d’audit et du besoin de recours à l’audit informatiqueSignalons tout d’abord que pour la première année ou l’année du changement, la phase de collecte d’informations est bien évidemment plus importante. En revanche, les années suivantes, compte tenu des connaissances d’audit accumulées, le processus doit être plus rapide puisque focalisé uniquement sur les changements de l’exercice. Cette phase de collecte doit renseigner, entre autres, les éléments suivants :
Ces différentes informations recueillies permettent à l’auditeur de définir la stratégie d’audit par cycle compte tenu du niveau de confiance accordé aux contrôles de direction, contrôles généraux informatiques et contrôles sur d’application. La définition de la stratégie d’audit est illustrée dans le schéma[60] suivant : Les options de stratégies d’audit
Il en découle de ce schéma que trois stratégies d’audit peuvent être envisagées. Pour chaque cycle, l’auditeur doit se poser la question suivante : « Compte tenu des éléments d’information préalables dont on dispose, envisage-t-on de s’appuyer sur les contrôles ? » Si la réponse est non : la stratégie retenue sera « Niveau de confiance : Aucun ». Si la réponse est oui, il faut ensuite se poser la question suivante : « Sur quel type de contrôle envisage-t-on de s’appuyer ? » Si on envisage de s’appuyer sur les contrôles de direction uniquement la stratégie sera « Niveau de confiance : Moyen ». Si on envisage de s’appuyer également sur les contrôles d’application et les contrôles généraux informatiques, la stratégie sera « Niveau de confiance : Elevé ». Il convient de noter qu’en pratique la stratégie d’audit pour un cycle se positionne sur un continuum de « Aucun » à « Elevé ». L’idée générale étant : appuyons sur les contrôles clefs dés lors que c’est possible et dés lors que cet appui nous paraît optimal en terme de rapport efficacité/coût. Par ailleurs, le choix de la stratégie d’audit constitue une décision préliminaire. Ce choix sera confirmé ou infirmé à l’occasion de la réalisation des tests sur les contrôles. Le schéma, qui suit, présente chacune de ces stratégies :
1. Stratégie 1 : Niveau de confiance AUCUN :Deux types de situations peuvent conduire à ce choix : soit le cycle est mal voire pas contrôlé (mécanismes insuffisants pour assurer l’intégrité des données financières), soit des contrôles existent mais une approche substantive serait plus efficace et moins coûteuse, et donc plus appropriée en la circonstance. Exemple : des transactions individuellement significatives et peu nombreuses pouvant être vérifiées par des documents ou des confirmations. Cette approche implique :
2. Stratégie 2 : Niveau de confiance : MOYEN :Deux types de situations peuvent conduire à ce choix :
Cette approche implique l’appui sur les contrôles de direction qui donnent une certaine évidence qu’il n'y a pas eu de défaillances majeures et réduit l’étendue, mais en général pas la nature, des tests de détail selon la confiance que l’auditeur place sur ces contrôles. Ainsi, la démarche à suivre par l’auditeur consiste à :
3. Stratégie 3 : Niveau de confiance ELEVE :Dans ce cas des contrôles clefs existent (de direction et d’application), sont documentés, performants et couvrent de façon détaillée les quatre objectifs de contrôle. La réalisation de tests sur ces contrôles permet à l’auditeur de s’assurer de leur fonctionnement effectif et de leur permanence. Ainsi, cette démarche consiste à :
Toutefois, il convient de signaler que pour la première année ou l’année de changement (exemple : installation de nouveau logiciel, modification significative d’un logiciel existant), les tests sur les contrôles clefs sont focalisés, essentiellement, sur les contrôles d’application comme base pour les années ultérieures. Pour les années suivantes sans changements significatifs, l'étendue des tests des contrôles clés peut être réduite sur la base de la connaissance et l’expérience accumulées sur l’entreprise et sur la base de la capacité des contrôles de pilotage à détecter une défaillance au niveau des contrôles généraux informatiques ou au niveau des contrôles d'application et à détecter des problèmes existants au niveau des systèmes comptables sous-jacents. Les contrôles généraux informatiques continuent à être testés car ils permettent une assurance globale de l’intégrité de l’environnement du traitement et par suite la réduction des tests sur les contrôles clefs. Dans un contexte de nouvelles technologies, caractérisé, entre autres, par la dématérialisation des informations, l’automatisation des contrôles et la complexité et le volume de plus en plus important des opérations, il est de plus en plus difficile pour l’auditeur financier de forger son opinion sans une approche approfondie du système informatique. Ainsi, la tendance, dans ce type d’environnement, est toujours vers une stratégie de « Niveau de confiance Elevé ». Parmi les principaux avantages offerts par cette stratégie est qu’elle est, généralement, la plus optimale en terme de rapport efficacité / coût, en raison du fait que les tests sur les contrôles consomment, généralement, moins de temps que les tests de détail. Cette approche est d’autant plus efficace en cas d’utilisation des techniques d’audit assistées par ordinateur. De ce fait, l’auditeur est de plus en plus confronté à mettre en œuvre une approche basée sur l’évaluation et l’examen des contrôles de direction, des contrôles généraux informatiques et des contrôles d’application. C’est dans ce cadre qu’intervient l’audit informatique en support à l’audit financier pour assurer, entre autres, la documentation, l’évaluation et l’examen des contrôles généraux informatiques et des contrôles d’application (autres que les contrôles purement manuels). Afin d’illustrer ces faits nous avons jugé utile de présenter l’exemple d’une Caisse de Sécurité Sociale tunisienne. Cette dernière compte des milliers de cotisants et de prestataires. Elle gère une multitude de secteurs, de régimes, de prestations etc. Le volume des opérations est important et les montants sont peu significatifs. L’ensemble des processus de gestion est automatisé : l’encaissement des cotisations, la liquidation des droits, etc., font l’objet de traitements informatiques complexes et lourds. Ainsi, une approche basée essentiellement sur les tests de détail n’est, donc, pas adaptée et ne permet pas de mettre en évidence des faiblesses de contrôle interne pouvant avoir un impact significatif sur les états financiers. Par ailleurs, le recours à l’audit informatique peut être requis même pour une approche de « Niveau de confiance Moyen » et ce, pour s’assurer que les process de génération des rapports, sur lesquels s’exerce la fonction de pilotage, sont convenablement contrôlés. Enfin, avant d’aborder avec plus de détails les rôles dévolus à l’audit informatique dans une mission d’audit financier, nous devons répondre à l’interrogation suivante : Quelle doit être la composition de l’équipe chargée de l’audit informatique ? C’est suite à la phase de la collecte d’informations sur les systèmes et l’environnement informatique que l’auditeur décide si le système est considéré comme étant complexe[61] ou pas. Cette décision devrait être prise conjointement avec l’auditeur spécialiste. Dans le cas de systèmes complexes, la composition recommandée de l’équipe pour l’exécution de la documentation, l’évaluation et l’examen des contrôles d’application est une équipe mixte d’auditeurs généraux et de spécialistes. Toutefois, quelle que soit la complexité des systèmes, les spécialistes réservent la partie consacrée à l’examen des contrôles généraux informatiques. En effet, ce volet nécessite des compétences non évidentes chez l’auditeur financier « généraliste ». De ce fait, dans un système de nouvelles technologies, le recours à une équipe d’audit mixte est, très souvent, nécessaire. Le tableau, qui suit, résume les situations décrites ci-dessus :
(*) Des spécialistes peuvent être impliqués s’il y une incertitude quant au degré de complexité ou sur l’approche d’audit à mettre en œuvre. Section 2 : Les rôles dévolus à l’audit informatique dans une mission d’audit financierL’audit informatique vient supporter la mission de l’audit financier dans la mesure où il permet de :
Ces objectifs sont atteints à travers la description et l’examen des contrôles généraux informatiques et des contrôles d’application. Sous section 1 : Les tests sur les contrôles généraux informatiquesLes contrôles généraux informatiques sont les contrôles qui contribuent de manière significative à l’efficacité des contrôles directs individuels. Ils ne visent pas directement les objectifs de contrôle et ne servent donc pas par eux même à fonder la conviction de l’auditeur, mais permettent à ce dernier de savoir si les faiblesses éventuelles dégagées ne réduisent pas l’efficacité et la fiabilité des contrôles directs. Aussi, les contrôles généraux informatiques ne s’exercent pas au niveau d’un cycle particulier et peuvent avoir, par conséquent, une incidence diffuse sur les divers traitements réalisés par le système. En effet, «si ces contrôles ne sont pas efficaces, des erreurs peuvent se produire et passer inaperçues dans les diverses applications. C’est pourquoi des défaillances dans les contrôles informatiques généraux peuvent empêcher de vérifier efficacement les contrôles prévus pour certaines applications»[62]. Cet aspect de l’audit informatique ne s’agit pas d’examiner les contrôles généraux de façon isolée mais lors de l’évaluation de la qualité des contrôles directs. En effet, si l’auditeur estime qu’un contrôle direct constitue un contrôle clef potentiel, il doit déterminer s’il peut aussi s’appuyer sur les contrôles généraux s’y rapportant. Ainsi, il est généralement plus efficace d’examiner les contrôles généraux une fois les contrôles directs clefs identifiés. Faire le lien entre les risques identifiés au niveau de la fonction informatique et les risques en découlant sur les applications est une tâche assez difficile qui demande de la compétence, de l’expérience et du jugement. Exemple : En cas de contrôles insuffisants des modifications de programmes, le risque d’erreurs sur le calcul des paies est relativement faible du fait que la plupart des salariés vérifient leur bulletin de paie. Par contre le risque d’irrégularités sur les bulletins de paie est théoriquement possible. Dans le cadre de l’audit financier, l’examen des contrôles généraux informatiques englobe, notamment, l’examen des aspects suivants : 1. Organisation générale de la fonction informatique :Le contrôle de l’organisation générale de la fonction informatique permet, notamment, d’apprécier :
Le contrôle de l’organisation générale de la fonction informatique ne peut donner que des indices ou des présomptions qui doivent être complétés par l’audit des différentes activités de la fonction informatique. 2. Développement, mise en place, modification et intégrité de système :L’audit de cet aspect permet à l’auditeur de s’assurer que les systèmes sont développés en limitant au minimum les risques d’erreurs (objectif de fiabilité des traitements) et qu’ils ne peuvent être modifiés à l’insu des utilisateurs (objectif de fiabilité des traitements et de protection du patrimoine) Les contrôles destinés à couvrir les risques liés aux modifications des programmes sont particulièrement importants du fait qu’ils affectent l’efficacité d’un bon nombre de contrôles clefs dépendants. L’existence de contrôles efficaces se rapportant aux modifications des programmes représente un moyen privilégié pour s’assurer que ces deniers restent fiables et complets. Si ce contrôle n’est pas satisfaisant, il n’y a souvent qu’un autre moyen de savoir si les programmes qui ont été utilisés au cours de la période sont correctement approuvés et testés, c’est de les répéter à partir d’un échantillon représentatif. 3. Accès aux ressources logiques :L’objectif de l’audit de cet aspect est de permettre à l’auditeur de porter une appréciation sur les procédures d’autorisation d’accès et de protection de l’intégrité des données. Dans la pratique, l’auditeur est confronté à de nombreux environnements où les procédures en ce domaine sont inadéquates ou insuffisantes. Dans ces environnements, l’auditeur doit apprécier, cas par cas, l’impact de ces risques sur les applications. La nature des risques et l’existence ou non de contrôles compensatoires guident l’auditeur dans la conception, la période et l’étendue des tests sur les applications. Par exemple, pour une application imprimant des lettres chèques, un contrôle rigoureux des utilisateurs sur les séquences et le montant des lettres chèques est un contrôle compensatoire nécessaire en cas d’absence de procédures d’accès suffisamment rigoureuses évitant toute modification non contrôlée des fichiers et des programmes. 4. Sécurité physique et procédures de sauvegarde et d’urgence :L’examen des procédures de contrôle relatives à la sécurité physique et aux procédures de sauvegarde et d’urgence permet à l’auditeur d’apprécier si la protection du patrimoine informatique, la sécurité et la continuité des travaux sont correctement assurées eu égard à la spécificité de l’entreprise. 5. Exploitation :L’auditeur examine l’exploitation pour apprécier la façon dont cette activité satisfait aux objectifs d’autorisation, d’exhaustivité et d’exactitude. Sous section 2 : Les tests sur les contrôles d’applicationLes contrôles d’application garantissent l’intégrité de l’information. Ils peuvent être définis comme étant des contrôles assurant que seulement les données complètes, exactes et valides sont saisies et mises à jour dans le système informatique, que le traitement a été correctement accompli, que les résultats du traitement satisfont les attentes et que l’intégrité de données est maintenue. Nous rappelons que les principales caractéristiques des contrôles d’application sont les suivantes :
Les contrôles d’application qui sont couverts par l’audit informatique sont ceux portant sur les outputs des systèmes et sur les procédures de contrôles programmés et les contrôles manuels s’y rattachant. L’assurance que les contrôles programmés sont correctement conçus peut être obtenue directement à travers la répétition ou indirectement à travers les résultats des tests sur les contrôles généraux informatiques portant sur les procédures de développement et de mise en place de nouveaux systèmes. L’étendue des tests varie selon qu’il s’agit de la première année d’audit (ou l’année du changement) ou d’une année suivante sans changements significatifs. 1. La première année ou l'année du changement :La première année ou l’année du changement se définit comme suit :
Dans ces cas, il s’agit de sélectionner et tester tous les contrôles d'application clés qui permettent d'atteindre les objectifs de contrôle. Cette sélection doit être effectuée en liaison avec la sélection des contrôles de direction clés. La combinaison de ces deux types de contrôles (pilotage et applications) constitue l'ensemble des contrôles clés pour le cycle. Généralement, l’attention est focalisée plus sur les contrôles d’application que sur les contrôles de direction et ce, en raison du fait que les contrôles d’application fournissent une assurance plus importante quant à la satisfaction des objectifs de contrôle et que la réalisation de tests sur ces contrôles constitue une base d’appui pour les années subséquentes. 2. Les années suivantes sans changements significatifs :Les contrôles clefs identifiés durant la première année demeurent valables. Toutefois, l'étendue des tests des contrôles d'application clés peut être réduite sur la base de :
Ainsi, dans ce cas, il y a lieu de :
L’assurance que les contrôles programmés fonctionnent correctement et d’une façon permanente tout au long de la période auditée peut être obtenue indirectement à travers les résultats des tests sur les contrôles généraux informatiques portant sur les procédures de maintenance et ceux portant sur la sécurité des systèmes et sur la sécurité de l’exploitation. En effet, l’auditeur aura toujours besoin de tester les contrôles généraux informatiques pour s’assurer qu’ils demeurent les mêmes et pour s’assurer qu’il n’existe pas de nouvelles faiblesses de nature à réduire l’efficacité et la fiabilité des contrôles directs. Sous section 3 : Exemple des rôles dévolus à l’audit informatique dans un milieu d’ERP :
· Contrôles de l’infrastructure technique · Sécurité ERP · Contrôles d’application
A/ Contrôle des infrastructures techniques des systèmes d'information : Les faiblesses éventuelles de l'infrastructure technique de l'ERP peuvent remettre en cause l'environnement de contrôle constitué au sein de l'application. Il est donc essentiel que ce domaine fasse l'objet d'une revue afin de vérifier que de tels risques sont maîtrisés et limités. Les domaines spécifiques de cette revue comprennent notamment :
B/ Sécurité ERP : L’auditeur doit, notamment :
C/ Contrôles d’application : L’auditeur doit couvrir quatre risques liés à l'ERP. Il doit documenter les flux des processus clés de l'entreprise et doit évaluer la pertinence des contrôles exercés sur :
Par ailleurs, pour la première année de mise en exploitation de l’ERP, l’auditeur doit revoir les procédures et les contrôles appliqués au cours du processus de conversion, afin de confirmer que tous les soldes et les données permanentes migrés des systèmes existants vers l’ERP ont été correctement rapprochés des systèmes sources et autorisés. Conclusion :Nous pouvons conclure que, dans un environnement de nouvelles technologies de l’information et de la communication, l’audit informatique fait partie intégrante de l’audit financier. Certains auteurs affirment que l’informatique doit être intégrée à la démarche professionnelle de l’auditeur et que désormais, il n’y a plus d’audit financier sans audit informatique.[63] Une démarche de l’audit informatique en support à l’audit financier est présentée dans le chapitre suivant.
Chapitre 2 : Présentation de la Démarche de l’Audit Informatique En support à l’Audit FinancierIntroduction :Le présent chapitre se propose d’apporter une contribution à la recherche d’une méthodologie d’audit informatique comme support à l’audit financier. Cette méthodologie est à développer et à adapter à chaque contexte technique rencontré. Elle peut être aussi utilisée dans une mission spéciale d’audit informatique avec, généralement, un champ d’action plus élargi. Notons, tout d’abord, qu’en raison de la complexité croissante des systèmes, la majorité des cabinets internationaux ont développé des équipes internes spécialisées dans l’audit informatique. Dans leurs travaux, ces derniers entreprennent leur audit en réelle collaboration avec l’équipe d’audit financier mais d’une façon indépendante de point de vue formalisme[64]. La démarche présentée ci-après tient compte de ce fait. Section 1 : La planification de la mission d’audit informatiqueSous section 1 : Le lancement de la mission d’audit informatique :Le lancement de la mission d’audit informatique s’intègre dans celui de la mission principale d’audit financier. Son rôle de départ se limite à la collecte d’informations sur les systèmes et l’environnement informatique. Le lancement de la mission consiste, essentiellement, à organiser une réunion de mobilisation comprenant les membres clefs de l’équipe afin d’aborder, principalement, les aspects suivants :
Sous section 2 : L’information sur les systèmes et l’environnement informatiqueCette phase se compose, essentiellement, de deux principales étapes à savoir :
1. L’établissement de la cartographie des fonctions et systèmes informatiques et identification des cycles :L’auditeur doit identifier les principaux cycles et établir la cartographie des fonctions et systèmes informatiques applicables aux sections d’audit liées à chacun de ces cycles. Ces travaux permettront de :
Ces travaux sont, généralement, menés d’une façon conjointe entre l’auditeur « généraliste » et l’auditeur « spécialiste des systèmes ». La collecte de l’information se fait en discutant avec les responsables opérationnels, les responsables financiers et les responsables informatiques ainsi qu’en examinant la documentation correspondante existante. La cartographie doit permettre de répondre aux questions suivantes :
Elle se présente le plus souvent sous la forme d’un diagramme ou, dans le cas de systèmes moins complexes, sous la forme d’un tableau. Toute information utile à la planification devrait y être portée, tels que les volumes, les montants et la fréquence des transactions. Dans ce qui suit, nous présentons un exemple simple de cartographie afférent au cycle « revenu »[65] : Cycle Revenu :
2. La collecte d’informations sur les systèmes et l’environnement informatique :Nous distinguons, essentiellement, les axes suivants[66] : 2.1. Appréhender l’organisation de la fonction informatique :L’auditeur doit documenter sa compréhension de l’organisation de la fonction informatique. Il doit répondre aux questions suivantes :
2.2. Appréhender les contrôles de la direction sur la fonction informatique :L’auditeur doit documenter sa compréhension des contrôles effectués par la direction sur la fonction informatique. Il doit répondre aux questions suivantes :
2.3. Evaluer dans quelle mesure l’activité repose sur les systèmes informatiques :L’auditeur doit documenter sa compréhension de l’importance du support informatique dans l’activité. Il doit répondre aux questions suivantes :
2.4. Identifier les caractéristiques principales des systèmes et environnements :L’auditeur doit identifier et documenter les caractéristiques principales des systèmes et environnements. Il doit répondre aux questions suivantes :
2.5. Identifier les changements significatifs en termes de systèmes et d’environnement informatiques :L’auditeur doit identifier tout changement significatif dans les systèmes et l’environnement informatiques. Il s’agit de répondre, essentiellement, aux questions suivantes :
2.6. Comprendre les problèmes identifiés au niveau des systèmes :L’auditeur doit documenter les problèmes identifiés au niveau des systèmes de l’entreprise auditée. Il s’agit d’observer, essentiellement, les points suivants :
Sous section 3 : L’organisation et la planification de la mission d’audit informatiqueA l’issue des différentes étapes de la planification, la stratégie d’audit par cycle est fixée. Si le besoin éventuel de recours aux services de l’audit informatique est exprimé, le responsable de la mission d’audit informatique établira un plan stratégique et un programme de travail qui feront l’objet d’une approbation par le responsable de la mission d’audit financier pour tenir lieu de lettre de mission interne. Le plan stratégique indique, essentiellement, les éléments suivants : · Un résumé des principaux éléments recueillis sur le système d’information se rapportant à la structure générale de l’organisation informatique, à la configuration du système informatique, à la nature et à l’étendue du traitement informatisé de l’information, à la complexité des systèmes et des traitements, etc. · Un plan de rotation entre les unités opérationnelles et un plan de rotation entre les composants : Dans le cas où le système de traitement des données serait décentralisé, chaque unité a sa propre organisation de la fonction informatique, ses programmes et ses applications. L’auditeur peut avoir besoin de visiter chaque emplacement potentiellement significatif pour l’audit. Même si la politique de l'entreprise dicte l'usage de procédures identiques à chaque emplacement, l’auditeur aura besoin de considérer si les procédures sont réellement appliquées. · L’organisation générale de la mission : Ceci consiste, essentiellement, à : - Préparer un calendrier d’intervention qui doit contenir au minimum les dates concernant : a) le démarrage et la finalisation de l’audit et les étapes clés de la mission, b) la préparation par les responsables de l’entreprise des informations et documents importants nécessaires à l’audit et, c) les réunions périodiques avec l’équipe d’audit et avec les responsables de l’entreprise. Ce calendrier détaillé doit être discuté et accepté par le responsable de la mission d’audit financier et par les responsables de l’entreprise. - Prévoir des réunions d’avancement régulières avec l’équipe d’audit informatique afin de s’assurer du bon déroulement de la mission et des réunions d’avancement régulières avec l’équipe d’audit financier et, éventuellement, avec les différents responsables de l’entreprise. - Préparer la répartition des tâches avec un niveau de détail suffisant en prenant les dispositions nécessaires pour permettre une réalisation efficace des travaux d’audit informatique et une parfaite coordination avec l’équipe d’audit et les différents responsables de l’entreprise. - Préparer le budget global et par intervenant. - Se mettre d’accord avec l’équipe d’audit financier des procédures à suivre en cas de modifications apportées au plan d’audit informatique. · L’évaluation des risques liés à l’environnement informatique : Il s’agit de dégager les risques liés à la fonction informatique pouvant affecter la stratégie. Exemples : des modifications ont été ou seront apportées aux systèmes informatiques durant l'exercice ; De nouveaux systèmes ou des améliorations majeures ont été ou seront mis en place pendant l'exercice. · La démarche à suivre en cas d’externalisation : Au cas où l’entreprise externalise un ou plusieurs aspects de son système informatique, l’auditeur devrait considérer les contrôles généraux informatiques et les contrôles d’application relatifs à la fonction du prestataire de services, que ces contrôles soient effectués par l’entreprise auditée ou par son prestataire de services. En effet, - Si le prestataire de services procède à des contrôles généraux informatiques et à des contrôles d’applications pertinents pour l’évaluation des risques, il convient de déterminer si l'auditeur du prestataire a formalisé, dans son rapport, ses conclusions sur les tests réalisés sur ces contrôles et si ce rapport est exploitable ; - Si c'est l’entreprise qui effectue des contrôles généraux informatiques et des contrôles d’applications liés à la fonction du prestataire de services, l’auditeur doit tester ces contrôles ; - Si le rapport de l'auditeur du prestataire de services n'est pas disponible et si les contrôles effectués par l’entreprise ne sont pas suffisants, l’auditeur doit s'interroger sur la nécessité de tester les contrôles existants chez le prestataire de services. Sous section 4 : Le dossier permanent informatiqueLe dossier permanent informatique comprend les informations permanentes se rapportant au système d’information de l’entreprise. Il peut être structuré comme suit : 1. Renseignements généraux :
2. La fonction informatique :
3. Le (ou les) centres de traitement :· Configuration générale · Configuration de chaque centre de traitement : matériel, etc. 4. Les applications :Pour chaque application en place, il y a lieu d’indiquer : · La version · La description : fonction, interface, etc. · Le fournisseur · La date d’installation de la première version · La date de la dernière mise à jour · Le coût de la maintenance · Etc. 5. Historique des interventions :· Objets de l’intervention · Budgets · Intervenants 6. Cartographie et description des procédures7. Autres informationsSection 2 : L’examen des contrôles généraux informatiquesEn se basant sur les informations documentées dans la cartographie durant la phase de planification, l’auditeur sélectionne les environnements et les systèmes informatiques significatifs. Il procède, ensuite, à la documentation de ces environnements et systèmes afin de dégager les contrôles généraux informatiques clefs. Ces derniers font l’objet de tests appropriés afin d’apporter la preuve qu’ils fonctionnent réellement et d’une façon permanente. Ces travaux se font, généralement, durant la phase intérimaire. La documentation des contrôles peut être réalisée en utilisant les questionnaires standards en la matière. Elle peut être, aussi, sous forme narrative et/ou sous forme de diagrammes. Par ailleurs, avant la sélection des contrôles clefs, l’auditeur doit assurer sa compréhension des contrôles documentés à travers, généralement, la réalisation de tests de cheminement ou la confirmation auprès des responsables de l’entreprise. Les contrôles généraux informatiques clefs sont des contrôles qui :
En cas d’absence de changements, les contrôles généraux informatiques clefs demeurent les mêmes d’une année à l’autre. Pour les années suivantes, l’auditeur aura toujours besoin de tester ces contrôles, mais l'étendue des tests peut être réduite sur la base de l'évaluation antérieure du risque et de l'implication des dirigeants dans le domaine de la maintenance, de la sécurité des systèmes et de la sécurité de l’exploitation. Le mix des contrôles dépend de plusieurs facteurs : · La largeur de couverture qu'un contrôle fournit · L’étendue de l'assurance fournie par le contrôle sur un contrôle automatisé particulier · La compétence requise pour exécuter les tests · Le temps exigé pour la réalisation du test · La complexité du test · L'ampleur du risque et l'assurance requise. Dans ce qui suit, nous examinons, avec plus de détails, les différentes catégories de contrôles généraux informatiques et les divers indicateurs qui peuvent être considérés par l’auditeur[67]. Sous section 1 : Les contrôles portant sur la sécurité des systèmesL'efficacité de certains contrôles automatisés et l'intégrité des données peuvent être affectées par des contrôles insuffisants au niveau de la sécurité des systèmes. Par exemple, l'utilisation de mots de passe et de menus pour assurer la séparation des fonctions peut être rendue inefficace si la sécurité globale de l'environnement informatique s'avère peu fiable. Ainsi, l’auditeur doit documenter, évaluer, sélectionner et tester les contrôles clefs afférents à l'administration d'ensemble et aux procédures détaillées de gestion de la sécurité de l'information. 1. Documenter, évaluer et tester l'administration d'ensemble de la sécurité de l'information :Il s’agit d’effectuer une description générale de l'administration d'ensemble de la sécurité de l'information. En outre, et pour l’évaluation des contrôles mis en place, il y a lieu de considérer, à titre indicatif, les éléments suivants : 1.1. Administration d'ensemble de la sécurité :La direction de l’entreprise doit établir des procédures de contrôle d'accès en fonction du niveau de risque résultant de l'accès aux programmes et aux données. Ainsi, l’auditeur doit considérer, à titre d’exemple, les indicateurs suivants :
1.2. Définition des rôles, des responsabilités et des procédures :La direction de l’entreprise doit définir les rôles et les responsabilités en termes de sécurité informatique et s'assurer que les responsables mettent en place des procédures adéquates. Ainsi, l’auditeur doit considérer, par exemple, les indicateurs suivants :
1.3. Sensibilisation et formation des utilisateurs à la sécurité :La direction doit s'assurer que les utilisateurs sont suffisamment sensibilisés et formés dans le domaine de la sécurité informatique, et qu'ils comprennent les enjeux et les actions à mener. Ainsi, l’auditeur doit considérer, à titre d’exemple, les indicateurs suivants : - La direction a-t-elle mis en place une procédure pour s'assurer que les utilisateurs ont suivi une formation de sensibilisation aux enjeux de la sécurité informatique ? - Les formations utilisateurs sont-elles adaptées ? 1.4. Moyens informatiques à la disposition des utilisateurs :Les moyens informatiques mis à la disposition des utilisateurs finaux ainsi que leur utilisation doivent être contrôlés de manière à assurer la compatibilité des systèmes et à garantir l'intégrité des données. Ainsi, l’auditeur doit considérer, par exemple, les indicateurs suivants :
1.5. Contrôle des incidents en matière de sécurité et du respect des procédures :La direction doit contrôler les incidents liés à la sécurité ainsi que le respect des procédures de sécurité. L’auditeur doit considérer, par exemple, les indicateurs suivants :
2. Documenter, évaluer et tester les procédures détaillées de gestion de la sécurité de l'information :Après avoir effectuer une description générale des procédures détaillées de gestion de la sécurité de l'information, l’auditeur doit documenter et évaluer les contrôles mis en place et ce en considérant, à titre indicatif, les éléments suivants : 2.1. Administration de la sécurité logique des accès utilisateurs au système d'exploitation :L'accès des utilisateurs au système d'exploitation et aux programmes doit être contrôlé. L’auditeur doit considérer, par exemple, les indicateurs suivants :
2.2. Administration de la sécurité logique des données :L'accès aux données doit être contrôlé de manière adéquate. L’auditeur doit considérer, par exemple, les indicateurs suivants :
2.3. Administration de la sécurité au niveau applicatif :Les moyens informatiques et les procédures en place doivent permettre de restreindre les accès aux différentes fonctions applicatives (par exemple : approbation des règlements fournisseurs) afin d'assurer une séparation des tâches adéquates et d'empêcher les accès non autorisés. Dans ce cadre, l’auditeur doit considérer, par exemple, les indicateurs suivants :
2.4. Administration des systèmes et des profils privilégiés :L'utilisation de ressources sensibles, telles que les mots de passe système, les utilitaires puissants et les outils de gestion du système, doit être contrôlée de façon appropriée. A cet effet, l’auditeur doit considérer, par exemple, les indicateurs suivants :
2.5. Sécurité physique :L'accès physique aux installations informatiques et aux données doit être contrôlé de manière appropriée. A cet effet, l’auditeur doit, à titre indicatif, considérer les indicateurs suivants :
2.6. Contrôle des accès réseaux informatiques / accès distants :Les accès distants aux systèmes informatiques, via des connexions par réseau informatique ou téléphonique, doivent être restreints de façon appropriée. A ce niveau, l’auditeur doit considérer, par exemple, les indicateurs suivants :
2.7. Contrôle des connexions avec des réseaux externes (par exemple : Internet, EDI, etc.) :Les connexions avec des réseaux externes doivent être convenablement protégées. Des contrôles doivent être mis en place afin de prévenir le risque d'une faille dans la sécurité du système. A titre indicatif, les indicateurs suivants devraient être considérés par l’auditeur :
Sous section 2 : Les contrôles portant sur la sécurité de l’exploitationL’examen des contrôles portant sur la sécurité de l’exploitation nécessite la documentation, l’évaluation et l’examen de l’administration d’ensemble de l’exploitation des systèmes d’une part, et des procédures détaillées de l’exploitation d’autre part. 1. Documenter, évaluer et tester l'administration d'ensemble de l'exploitation des systèmes :L’auditeur doit effectuer une description générale de l'administration d'ensemble de l'exploitation des systèmes informatiques relative à tous les environnements. Il doit documenter et évaluer les contrôles mis en place par l’entreprise. Pour cela, il doit considérer, à titre indicatif, les éléments suivants : 1.1. Définition des rôles, des responsabilités et des procédures :La direction doit définir les rôles et les responsabilités des personnes chargées de l'exploitation et s'assurer que les procédures sont clairement définies et comprises. L’auditeur doit s’assurer que les rôles, les responsabilités et les procédures relatifs aux domaines suivants sont clairement définis et compris :
Par ailleurs, l’auditeur doit s'assurer que le personnel impliqué dans l'exploitation informatique a reçu une formation adéquate et dispose d'une documentation appropriée. 1.2. Procédures de continuité d'exploitation :Des plans de continuité d'exploitation couvrant tous les aspects de la fonction informatique doivent être en place. Pour cela, l’auditeur doit considérer par exemple les indicateurs suivants :
1.3. Gestion du réseau :Les réseaux hardware et software doivent être conçus de façon adéquate afin de répondre aux besoins de disponibilité, de performance et d'adaptabilité. Ainsi, l’auditeur doit considérer, par exemple, les indicateurs suivants :
1.4. Suivi des performances opérationnelles et du respect des procédures :La direction doit assurer le suivi des performances et contrôler le respect des procédures d'exploitation. Ainsi l’auditeur doit considérer, par exemple, les indicateurs suivants :
2. Documenter, évaluer et tester les procédures détaillées de l'exploitation :L’auditeur doit effectuer une description générale des procédures détaillées de l'exploitation. Ensuite, il procédera à la documentation et à l’évaluation des contrôles mis en place. A titre indicatif, les éléments suivants peuvent être étudiés : 2.1. Planification, préparation et exécution des traitements batch :Les traitements batch qui doivent être exécutés à des périodes définies (quotidiennement, hebdomadairement, mensuellement, annuellement) doivent être documentés, planifiés et mis à jour régulièrement. A titre indicatif, les indicateurs suivants peuvent être considérés :
2.2. Sauvegarde :Des sauvegardes à jour des programmes et des données doivent être disponibles pour assurer la continuité de l'exploitation en cas de besoin. L’auditeur doit examiner, à titre indicatif, les points suivants :
2.3. Gestion des incidents :Des procédures doivent être définies afin de garantir que les incidents d'exploitation (par exemple : crash de disques, défaillances des programmes) sont identifiés et résolus de manière adéquate. A titre indicatif, l’auditeur doit observer les indicateurs suivants :
2.4. Mise à jour des logiciels systèmes :La sélection de nouveaux logiciels systèmes et la mise à jour des logiciels existants (par exemple : système d'exploitation et tout autre logiciel système dans les domaines de la sécurité) ne doivent pas causer d'incidents de traitements ou déstabiliser les mécanismes de contrôle des systèmes. L’auditeur doit, par conséquent, considérer les indicateurs suivants :
Sous section 3 : Les contrôles portant sur les procédures de maintenance des applications informatiquesLes procédures de maintenance en place doivent permettre, essentiellement, d'assurer le contrôle que les programmes modifiés opèrent comme prévu et qu’ils ne peuvent être manipulés pour des raisons non autorisées durant le processus de maintenance. En terme d'audit, ces procédures sont importantes pour assurer la pérennité des contrôles automatisés. Ainsi, l’auditeur doit documenter et évaluer les activités de maintenance des systèmes et sélectionner et tester les contrôles clés correspondants en considérant, à titre indicatif, les éléments suivants : 1. La gestion de la maintenance :La direction doit établir une procédure dès lors que des modifications de système sont envisagées et s'assurer du respect de cette procédure. Dans ce cadre, l’auditeur peut examiner les indicateurs suivants :
2. La définition, l’autorisation et la gestion des demandes de modificationsLes demandes de modifications de programmes informatiques doivent être correctement examinées et traitées. Ainsi, l’auditeur doit examiner, par exemple, les indicateurs suivants :
3. Les tests unitaires, les tests d'intégration et les tests utilisateurs :Les modifications apportées aux programmes doivent être testées pour s'assurer qu'elles répondent aux attentes des utilisateurs et qu'elles n'ont pas d'incidences négatives sur les traitements existants. A titre indicatif, les indicateurs suivants devraient être considérés par l’auditeur :
4. L’autorisation de mise en production :Seuls les changements dûment autorisés et testés doivent être transférés dans l'environnement d'exploitation. A titre d’exemple, l’auditeur doit examiner les indicateurs suivants :
5. La formation et la mise à jour de la documentation technique et de la documentation destinée aux utilisateurs :La documentation technique doit être mise à jour en fonction des modifications effectuées. Quand les modifications affectent l | ||||||||||||||||||||||||||||||